S‘asseoir face à son écran et écrire. Voilà une action qui paraît d’une simplicité enfantine. Il « suffirait » juste de s’y mettre. Il y a peut-être parmi mes lecteurs, des écrivains. Peut-être des personnes qui vivent de leur plume (bravo, c’est un rêve que je nourris depuis mes plus jeunes années) ou encore des gens qui écrivent à l’occasion. Ou qui écrivaient à une époque. Ils aimaient ça. Mais, ils se sont arrêtés.  Ils ont eu l’impression que la source qui les inspirait s’était tarie. J’écris depuis longtemps. En cours de français, je nourrissais une joie sans limite dès que l’on me refilait une rédaction. Il y avait un thème, des contraintes. Je lançais alors mon esprit jovial et sans limites à l’assaut. Je partais, sans peur, défier les mots. Je tentais de dompter mes idées, je me laissais happer par l’histoire que je racontais. Puis, j’ai grandi. Et mes peurs avec. Je me suis rendu compte que dans ma trombine, il y avait un parasite qui s’était installé. Au début, il n’était pas bien méchant. Il lançait, comme ça, au hasard, une petite remarque désobligeante sur ce que je venais de pondre.
C’était sans gravité. Je poursuivais mon travail. Je m’amusais à imaginer des situations. Des personnages. Des lieux. J’essayais déjà de provoquer le rire. Petit à petit, je me suis rendu compte que je donnais de plus en plus de crédit à cette voix, à ce parasite. Il parlait de plus en plus fort. Et surtout, il était de plus en plus mesquin, de plus en plus acide. Chacune de ses attaques était un coup de poing. Il tapait toujours au bon endroit. Là, où je me sentais le plus fragile. J’essayais tant bien que mal de lui faire face. Mais, je me suis mis à douter. Le doute s’est installé en moi. Pourquoi est-ce que je m’escrimais à écrire ? La voix du censeur avait raison. Je n’écrivais pas assez bien. Je me comparais alors aux génies de notre siècle. Je repensais aux phrases de Jean Giono que je trouvais d’une beauté effarante. Je repensais à Marcel Pagnol, je repensais à Frédéric Dard. A tous ces auteurs qui me rendait fou de jalousie. Quel talent ! Et moi, qu’avais-je à faire dans ce grand bazar des mots ? Pourquoi est-ce que je devais continuer à écrire. Et même si j’avais eu quelques petits succès d’estime avec mes histoires, j’avais décidé de renoncer, petit à petit. J’avais arrêté d’écrire. Peu à peu, j’arrêtais aussi de lire. J’ai mis plusieurs années avant d’achever la saga Harry Potter. J’avais tenté à de nombreuses reprises de finir le dernier tome. J’en lisais une centaine de pages avant d’abandonner. Plus tard, pris de remords, avec l’envie viscérale de finir cette épopée qui m’avait tenue en haleine pendant tant d’années, je retentais encore. Mais je m’arrêtais à nouveau, quasiment au même endroit. J’avais l’esprit ailleurs. Je me déconcentrais sans cesse. Je n’y arrivais pas…

Aujourd’hui, j’ai compris que j’étais encore une fois victime de mon manque d’auto-discipline. La dépression était là. Le censeur aussi. On ne pouvait nier ni sa présence, ni la violence des termes qu’il employait : « C’est mauvais ! », « Ce n’est pas drôle ! », « Tu penses vraiment que ça va intéresser quelqu’un ? » Il était très créatif en matière de remarques assassines.

La différence principale aujourd’hui, c’est que j’ai décidé de le défier. Et que j’ai fini la saga Harry Potter. 🙂

J’ai identifié mon censeur. Je sais qu’il existe. J’ai décidé, comme une promesse à moi-même, de lui tenir tête. J’ai décidé de prendre le flambeau et d’avancer quand même dans les ténèbres. J’ai décidé de me faire confiance. Je ne suis pas si mauvais qu’il le dit. Je ne suis ni Victor Hugo, ni Baudelaire. Je ne suis ni Raymond Queneau, ni Emile Zola. Je suis moi. C’est déjà bien suffisant. J’ai peut-être quelque chose à apporter. Je crois que si j’ai autant le goût de l’écriture depuis petit, ce n’est pas pour rien. C’est un medium qui me fascine. C’est un partage. Alors, tous les jours depuis des mois, je descends dans l’arène. Je défie mes peurs et la critique. Je mène le combat. Le combat contre moi-même. J’essaye de lire sur la créativité. J’essaye de nourrir l’enfant que j’étais. Ce gamin qui ne faisait ça que pour s’amuser et faire rire les copains. Et surtout, j’essaye d’être régulier. Depuis des mois maintenant, j’écris tous les jours environ une heure sur un projet de roman. Des romans, j’en ai commencé des dizaines. Je me voilais un peu la face en me disant que c’était des nouvelles. Au fond, c’est surtout parce que je ne me pensais pas capable d’écrire plus d’une vingtaine de pages. D’écrire une vraie histoire. Un vrai roman, « comme les grands« .

Une idée m’a traversé l’esprit. Je l’ai trouvé originale. Je l’ai trouvé en harmonie avec ce que je pensais être capable de faire. Et je me suis mis à travailler tous les jours à essayer de la faire exister « en vrai« . En cours de route, je me suis même lancé le défi de recommencer. Non pas par perfectionnisme maladif. Mais parce que je sentais que j’étais capable d’aller plus loin, qu’il ne fallait pas que je fasse preuve de paresse. J’écris tous les jours sur mon projet. Il avance. Les doutes sont toujours là. J’essaye juste de ne pas y prêter trop attention. Les doutes, ce sont des histoires de grandes personnes. L’écrivain que je suis n’est pas une grande personne, et je me prends à rêver que c’est un gamin sans limite, qui aime courir dans le grand champ des possibles… 🙂

Si je peux, ne serait-ce que te filer un conseil complémentaire, une astuce ou une oreille attentive, sens toi libre de m’adresser un mail personnel à cette adresse : tony.servera@gmail.com

Je te promets de prendre le temps de te répondre du mieux que je le pourrais. 😉

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