J‘aurai adoré tomber par hasard sur un article pareil. Intérieurement je me serai dit « Waw, ce mec est plus couillu que je ne le serai jamais ! » Devenir minimaliste, je lui souhaite bien du courage. J’aurai jeté un petit regard circulaire sur l’intérieur de mon salon, je me serai attardé sur ma télévision haute définition, sur la console de jeux qui trônait en bonne place dans un meuble laqué noir un peu design. Mes yeux se seraient ensuite posés sur ma bibliothèque pleine de livres, de films et de séries, de jeux de société et de babioles indéfinissables… Est-ce que toutes ces possessions me rendaient plus vivant à l’époque où je ne jugeais quasiment que par elles ? Je ne le pense pas. C’est justement parce que j’ai été matérialiste longtemps que je pense en avoir éprouvé les limites. Le matérialisme est une course perdue d’avance. Les objets du désir portent mille visages. Aussitôt possédées, nous sommes poussés vers d’autres acquisitions. Le bonheur devient un projet. Je serai plus heureux lorsque j’aurai. Le verbe avoir finit par prendre plus de place que le verbe être. Nous serons tellement plus heureux lorsque nous aurons cet home cinéma dernier cri. Nous serons tellement mieux dans notre peau lorsque nous aurons cette petite veste en cuir marron, cette voiture neuve ou cette nouvelle table basse. La vie nous semblera plus douce avec ce nouvel iPhone. Nous nous sentirons tellement plus épanouis. Je crois que c’est une erreur. Je crois que j’ai assez joué à ce jeu pour savoir qu’il est vain. Que les dés sont pipés et que rien de tout cela ne permet de grandir en tant qu’individu. Et c’est parce que j’en ai été moi-même l’un des joueurs les plus actifs que je m’en suis rendu compte. J’ai dépensé des milliers d’euros pour m’acheter de la poussière. Tout redeviendra poussière… Cette montre de luxe qui te fait tant rêver, puis toi, puis moi…

Je suis arrivé sur cette terre les mains vides. J’ai réalisé au fond de mon cœur qu’il en serait de même lorsque je la quitterai. Je crois avoir compris que l’essentiel était ailleurs. Que mes plus beaux souvenirs portaient les visages de l’amitié et des expériences que j’avais pu vivre. J’ai compris qu’il était temps, justement de se concentrer sur l’essentiel…

J’ai lu des livres qui m’ont aidé à accepter cette réalité. J’ai compris, en lisant un ouvrage sur la productivité et l’organisation, que notre esprit pouvait être accaparé par le bazar que nous pouvions entretenir autour de nous. Il est prouvé que nous sommes bien plus efficaces lorsque nous travaillons avec un bureau parfaitement rangé. Notre esprit se sent plus clair, nos idées s’organisent plus sereinement. J’ai aussi parcouru avec beaucoup d’intérêt le blog de Leo Babauta, Zen Habits, qui est d’une richesse incroyable. C’est un blog en anglais. Vous pouvez télécharger gratuitement son ebook « Thriving on Less« , c’est un ebook en anglais mais que vous devriez pouvoir comprendre assez facilement.

Je suis, à l’heure où j’écris ces lignes, dans une maison qui sera vendue très prochainement. Lorsque les clés seront donnés aux nouveaux propriétaires, il faudra que la maison soit vide. Je me suis dit que c’était là une occasion en or pour me pousser dans mes derniers retranchements. Il ne faut pas croire que ces changements n’entraînent pas d’importantes résistantes intérieures. Je ne me suis pas réveillé un matin, plus illuminé que les guirlandes d’un sapin de Noël, en me sentant totalement détaché de mes possessions. J’ai juste senti, au fond de moi, qu’il fallait que cela change. Que c’était la voie à suivre. Il y a donc des résistances en moi. Il y a donc d’anciens réflexes, d’anciens conditionnements que j’essaye d’observer, de comprendre et d’analyser calmement…

Je crois que l’objet principal de ma démarche est de me sentir plus libre. Je veux m’alléger. Je veux pouvoir aller où bon me semble. Je veux pouvoir vivre des expériences. Je veux remplir ma tête de souvenirs. Je crois que la véritable richesse est là et que j’ai pris une bonne décision. Alors, je chemine dans cette direction. J’ai décidé de ne pas reprendre d’appartement pour le moment. J’ai vendu ma télévision pour m’acheter un sac à dos de voyage. J’aime la symbolique qu’il y a derrière. Parce que je trouve ça courageux et que je me surprends à me découvrir du courage. Je me sépare, petit à petit, des objets. Il y a aussi, et je ne peux le contester, l’envie de faire peau neuve. Tous les objets de cette petite maison me ramènent à mon histoire avec mon ex compagne. J’imagine que c’est aussi ce qui rend mon entreprise plus aisée. Émotionnellement, les objets sont chargés. En m’en séparant, je m’autorise un nouveau départ.

Je vais garder quelques souvenirs. Les stocker quelque part. Je ne sais pas où je serai à la rentrée. Je pars deux mois au Canada cet été. C’est tout ce que je sais. J’ai lu qu’on pouvait prendre en photographie les objets dont il était difficile de se séparer. Ainsi, on en garde quand même une petite trace. J’ai lu aussi que finalement, ce n’était pas les objets dont il était vraiment difficile de se séparer mais les souvenirs associés. Ils nous renvoient à des moments, plus ou moins heureux de notre vie. Ils nous renvoient parfois à des êtres disparus. Nous donnons parfois aux objets la lourde mission de combler un manque, une absence…

Je vais poursuivre mon exploration à ce sujet. C’est le moment idéal pour l’expérimenter franchement. Et je te raconterai, sans langue de bois, si j’en retire plus de bonheur. J’ai déjà ma petite idée là-dessus. Mais, après tout, je peux me tromper ! 🙂

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