Une fois n’est pas coutume, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de balancer de temps en temps un article qui ne parle pas de développement personnel, ni de spiritualité. Ne serait-ce que parce que je n’ai pas envie de m’enfermer dans un seul domaine. Que j’ai envie de partager plein de choses avec toi et aussi parce que je travaille sur mon premier roman et que j’ai envie de t’intéresser un peu à mon style d’écriture. Bonne lecture !

La nuit est en train de fondre sur Bordeaux. La grande roue, plus lumineuse qu’une idée d’Einstein, tourne lentement. Je prends place dans ma nacelle. Nous grimpons, dans des couinements métalliques. Moins rassurant que de reconnaître l’odeur de son cocktail favori dans la clape de son chirurgien avant une opération à coeur ouvert. Ça y est, le sommet. La bête d’acier gronde et s’immobilise. Au loin les monuments bordelais, la Garonne et la ville battent d’un même coeur. C’est beau à en faire pleurer un archer sans cible. J’admire. Contemple. Quand un bruit étrange me tire de force de ma rêverie silencieuse. La nacelle est en train de se disloquer, je le sais, je le sens. Dans mon ventre, un ressort se tend, celui-là même qui pousse à réaliser l’impossible. Vite, je me redresse. La nacelle souffre. Elle pousse un gémissement de fer et d’acier. La nacelle va se décrocher et m’emporter avec elle. Je me redresse. La structure gémit, gronde, menace. Ce n’est plus qu’une question de secondes. Je n’ai plus le temps. Ni d’avoir peur, ni de prêter attention à mon coeur qui s’est mis à galoper. Il faut agir ! En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, j’ai bondi. Un pied d’appel sur le bord de la nacelle et je m’élance, les bras en avant. Le temps suspend son vol et son linge sur le fil de mes idées. Les lumières de la ville giflent ma rétine. Je flotte au-dessus du vide. Mon manteau s’est ouvert comme une cape inutile. La nacelle voisine est là, impassible. Vais-je l’atteindre ? Ai-je sauté assez loin ? Autant de questions que je n’ai pas le temps de me poser. Le choc est terrible. Mon bras est un serpent, il s’enroule. Je serre fort ! Mon poids fait basculer la nacelle de gauche à droite comme les burnes d’un vieillard qui aurait oublié de mettre un slip. À l’intérieur, c’est l’hystérie. Le jeune couple qui se trouve là est en émoi. Ils hurlent de concert, les notes aiguës ayant la préférence de monsieur. Je m’agrippe, de toutes mes forces. Sous mes pieds, c’est un vide plus vertigineux que l’esprit de Nadine Morano. Et dans mon dos, comme la mâchoire d’un puceau devant le corps d’une playmate : la nacelle vient de se décrocher. C’est rapide ! L’oeuf de fer et d’acier fonce vers le sol et s’éclate dans un grand bruit qu’on pourrait qualifier d’assourdissant, si on avait le goût de la formule littéraire un peu facile. Je suis suspendu à mon destin. De toutes mes forces, je tente de me redresser. J’escalade sans écouter mes muscles qui brûlent, qui n’en peuvent plus. Je vais lâcher… Je vais… Elle s’est précipitée sur moi pour me prêter main forte. Elle, la belle inconnue qui hurlait de peur quelques secondes auparavant. Elle a des grands yeux de biche, d’un bleu calme qui fait songer aux lacs de montagne. Le vent rue dans ses longs cheveux. Son aide est précieuse. Elle m’agrippe. J’expédie mes dernières forces et me retrouve dans la nacelle à leur côté. L’homme est plus paniqué qu’un mec déguisé en côtelette au large de l’Île de la Réunion. Dans ses petits doigts potelés brille ce qui semble être une bague de fiançailles. Je romps le silence :

« C‘est quand même moins tranquille que ce qu’on m’avait dit, un tour de grande roue. »

Son visage s’éclaire. Elle me sourit. Et à cet instant précis, même la beauté de la vue et de ses lumières diffuses ne peuvent rivaliser avec la sienne. Le jeune homme range la bague dans sa poche de blouson dans un soupir. Je crois bien qu’il a compris…

J’espère que ça t’a plu. Des bisous sur tes rouflaquettes ! 🙂

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