J’y suis. Enfin ! J’ai passé ma première nuit à Halifax mettant fin à un long périple. La journée du 29 juin a été très éprouvante, une course effrénée entre les aéroports, postes de douane et consorts. Je suis arrivé tardivement à Halifax, après avoir pris deux bus. La nuit était déjà tombée mais je suis resté confiant. J’étais tellement excité d’être là que j’aurai pu passer la nuit dehors sans me plaindre. C’est, je crois, l’avantage que l’on obtient lorsque l’on se met sur le chemin de ses rêves. On devient plus résistant face à la douleur et aux difficultés. Hande, la personne chez qui je vais loger pour 15 jours est venue me chercher à l’arrêt de bus. Elle ne parle pas français même si sa connaissance de l’italien lui permet de comprendre quelques mots. J’ai donc de suite sauté dans le grand bain.

30 juin

J‘ouvre les yeux, prend mon téléphone pour regarder l’heure : 07H07. Je démarre la journée par un petit clin d’œil du monde de l’invisible, inutile de dire que ça me donne le sourire. Après mon habituel petit rituel matinal, j’enfile un short et part à la découverte des environs. Le temps est plutôt mitigé. Depuis la veille un épais brouillard s’est déposé sur la région. Hande, m’a expliqué que c’était très souvent le cas à Cow Bay. Il peut faire beau à Halifax et pleuvoir ici. Cela ne m’empêche pas de courir vers l’inconnu. Très vite, j’aperçois un immense lac. Un chemin escarpé au milieu de l’herbe humide m’y conduit. Il n’y a pas un bruit. Seulement le bruit de mes pas sur le sol détrempé. Je cours, comme ça, à l’aveuglette, le long de l’axe principal… Très vite, nous discutons un peu avec Hande. J’en viens à parler un peu de ce qui m’amène au Canada et donc de spiritualité. Je suis toujours un peu méfiant lorsque j’aborde ce sujet avec quelqu’un que je ne connais pas. La peur d’être tourné en dérision ou pire, d’être pris pour un fou n’est jamais très loin. Au bout de quelques minutes, Hande me raconte qu’elle a longtemps fait des voyages astraux et qu’elle a déjà communiqué avec ses guides spirituels. Je ne suis donc pas tombé ici par hasard ! Il y a aussi des tigres un peu partout dans la décoration de la maison mais j’en reparlerai peut-être plus tard… 🙂

Elle m’apprend que l’une des croyances turques (elle est d’origine turque), c’est que lorsque l’on passe sa première nuit chez quelqu’un, le rêve que l’on fait revêt une importance particulière. Comme s’il détenait un message. Je lui explique que depuis que j’ai demandé à entrer en contact avec mes propres guides spirituels, je suis poursuivi par les attrape-rêves. Elle me raconte qu’elle en fabrique elle même, la boucle est bouclée. D’ailleurs la semaine dernière, alors que j’allais m’endormir, j’ai demandé à voix haute à faire un rêve lucide. Je termine juste ma phrase. Mon téléphone portable s’allume : c’est une notification d’instagram.  Une femme vient de liker l’une de mes photos. Je regarde son profil. Il ne contient qu’une seule photo. Une dizaine d’attrape-rêves. Pfiou…

Hande me confie la mission de nettoyer un box. Il se trouve dans une vieille maison dans un coin de son jardin. Si cette vieille bicoque était capable d’éternuer, elle s’effondrerait sur elle même à la première odeur de poivre. Cette petite baraque sert d’espace de stockage et de refuge pour des cailles et les deux chèvres. Je m’y emploie… La température est douce. Je suis en joie…

L’après-midi est agréable. Le soleil se radine, la température grimpe. Les paysages prennent une autre allure. Fini le décor façon Alan Wake. Hande me montre un chemin qui longe un cimetière familial. Je n’en avais jamais vu des comme ça avant. C’est une poignée de tombes qui semblent fleurir d’une herbe grasse et verte. C’est peut-être étrange de dire ça mais l’endroit a quelque chose d’apaisant. On marche à travers les bois avec les trois chiens. Le chemin fait plusieurs kilomètres. Je crois que j’ai trouvé l’endroit où j’irai courir demain matin… Demain, c’est d’ailleurs la fête nationale du Canada. Je suis curieux de voir comment ça va se manifester dans ce petit coin reculé d’Halifax. De ce qu’Hande m’en a dit, c’est pétards et feux d’artifice en folie. Je verrai donc demain…

1er juillet

La journée est magnifique, à peine réveillé que je pars battre le pavé de ma petite foulée. Il fait déjà chaud. Sur le chemin, je vois qu’une maison vient d’étendre un grand drapeau canadien sur la porte de son garage, oui, c’est bien la fête du Canada, l’équivalent de notre 14 juillet. Je m’aventure dans les sous-bois, les paysages sont à couper le souffle. Les petits sapins, le chant des oiseaux, le soleil et moi, plus dégoulinant qu’un gros pot de saindoux que l’on aurait posé trop près du feu.

Je sors la poignée de poules et les deux canards de leur petit enclos. Idem pour les deux chèvres qui m’opposent un peu plus de résistance. Je nourris les cailles et ensuite, je me lance dans la tonte du jardin. Mon cerveau est sur off, je suis bien, à me répéter de temps en temps que je suis au Canada. Cette seule pensée me fiche le sourire. Dans l’après-midi, après un déjeuner composé d’une soupe turque de lentilles et de pancakes vegan aux fraises sauvages, Hande me propose d’aller se balader à Fisherman’s Cove, une toute petite station balnéaire qui ne s’active qu’en été. En raison de la fête nationale, l’endroit est bondé. Nous promenons les chiens d’Hande. Les gens sont très avenants, on se fait arrêter toutes les trois minutes. Ils veulent caresser les chiens, parler de la pluie et du beau temps. C’est juste incroyable. La station balnéaire, c’est une vingtaine de petites cabanes en bois peint. Des petits commerces de souvenir essentiellement. Un vent léger vient me rafraîchir la face et agite les drapeaux canadiens. Il y en a partout. Dans toutes les mains. Sur toutes les voitures et presque tous les tee-shirts. Impressionnant ! Il est très tard quand effectivement, les pétards et les feux d’artifice se font entendre. Les chiens aboient, la nuit passe.


2 juillet

C’est une journée assez calme. Le temps est un peu brumeux alors que je m’élance pour mon footing matinal. Je passe devant un gros bloc de boîte aux lettres. Depuis la faillite de leur équivalent de « La Poste« , le courrier est déposé dans ces grosses boîtes et n’est plus remis dans les boîtes aux lettres individuelles comme en France. Je réorganise un bon gros bazar dans la remise, je nettoie le box des chèvres, je délire avec les canards. C’est une journée ordinaire à la ferme ! 🙂

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