J‘annonce, cet article risque d’être un peu plus technique que les précédents. Il ne s’adressera pas à tout le monde. Je vais assez vite te déballer le décor pour que tu puisses décider ou non de continuer ta lecture… 

L’humanité fait la sieste

Actuellement, une grande partie de l’humanité est dans ce qu’on pourrait appeler un état de sommeil. Les gens dorment profondément. Bien entendu, je ne parle pas d’un sommeil au sens littéral : il s’agit plutôt d’une sorte de sommeil existentiel. Pour en faire l’expérience, il suffit de poser la question à un inconnu :

  • « Sais-tu pourquoi tu es sur terre ? »
  • « Connais-tu le sens de la vie ? »

Il y a de très fortes chances que ton interlocuteur te lance un regard plus interrogatif que le slip d’Enigma et qu’il s’échappe à la première occasion venue. Non mais quelle idée de poser ce genre de questions à des inconnus, toi aussi. Ça ne se fait pas enfin. C’est bien connu, le sujet des croyances, c’est le truc qu’on évite de déballer à tout va. Ça fait des histoires… Mais pourquoi ça fait des histoires ? Parce que les gens ne sont pas d’accord. C’est comme la politique. La tauromachie. Parler de religion à table pendant un repas de famille, c’est le meilleur moyen de se prendre une cuisse de poulet en pleine poire : c’est risqué.

Prison mentale

La particularité de cette belle humanité endormie, c’est qu’elle n’a pas conscience de l’être. Elle vit dans une illusion, dans une prison mentale. Imagine le tableau. T’as un prisonnier qui se trouve dans le fond d’une prison. Et le pauvre n’a jamais vu autre chose. Mais attention, une prison tellement bien fichue qu’il n’a absolument pas l’impression d’être en prison.

Et si ce prisonnier, c’était toi ?

Le simple fait que je puisse prétendre que tu sois en prison t’agace probablement. Tu te dis peut-être « Mais c’est qui ce connard là ? » « Pour qui il se prend de me sortir ça ? » « Je ne suis pas en prison, si j’étais en prison je m’en rendrais compte ! »

Ce thème a d’ailleurs déjà été abordé par Platon au travers de l’allégorie de la caverne.

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Les prisonniers se tiendraient, enchaînés, immobiles depuis toujours, le regard fixé vers le fond d’une caverne. Un feu permettrait d’éclairer des symboles, des statuettes et projetterait des ombres contre la paroi. Les prisonniers, il faut se mettre à leur place : ils n’ont rien vu d’autre. Ils ne savent pas qu’il existe une autre réalité. Un monde qui nécessiterait de briser ses chaînes, de contourner le mur et d’escalader jusqu’à l’air libre.

L’Éveil

Si l’on accepte la possibilité qu’une partie de la population soit endormie, c’est qu’il existe un autre état d’être. Cet autre état, c’est l’Éveil. L’Éveil, ce n’est pas une expression que je sors de mon chapeau. Si c’est la première fois que tu croises cette expression, ça ne devrait pas être la dernière. Une page Wikipédia est d’ailleurs consacrée à l’Éveil. Est-ce que ça en fait un argument de poids quand on considère qu’il existe un article qui se nomme « Quel effet cela fait-il d’être une chauve-souris ? » Difficile à dire. Je sais, on trouve de tout sur internet. Difficile de se faire une idée précise… En tous cas, avant d’en faire personnellement l’expérience, j’ai envie de te préciser que je n’en avais jamais entendu parler de toute ma vie. Oui, car l’Éveil, c’est avant tout une expérience. Tu pourras lire des heures sur le sujet, tu pourras te remplir la tronche de savoir, ce n’est pas ce qui te permettra de le vivre à ton tour.

Là, on est entre nous. Et je ne vais pas te parler de religions, ni de croyances. Non. Si la particularité de mon histoire t’intéresse, t’as déjà un bon gros paquet d’articles à te mettre sous les dents si t’en as la curiosité. L’objet de l’article d’aujourd’hui, c’est de te poser une série de petites questions. Et d’essayer de voir si ça produit quelque chose en toi ou pas. Si ça ne produit rien, ce n’est pas important…

Le premier tour de clé dans les menottes 

La suite de l’article, ça va être un petit jeu. Un petit jeu sous la forme d’un dialogue entre deux personnages. Ne te formalise pas mais je vais sortir quelques clichés pour le côté théâtral et pour rendre ma démonstration un tant soit peu amusante. C’est parti !

Dans l’arrière cour d’un petit village asiatique se tient un vieux maître dont le visage transpire la sagesse et la sérénité. Il porte une moustache aussi blanche que sa tunique en soie. Il s’est assis sur le sol et prépare le thé. Face à lui se tient un jeune homme qui semble être son disciple. Il a les cheveux courts et porte une toge orangée. Il s’est installé face à son maître. C’est le premier jour de leur enseignement.

Avec des gestes précis, le maître verse l’eau chaude dans l’une des tasses. Il semble totalement absorbé par ce qu’il fait. Le petit disciple n’ose pas rompre le silence. Alors qu’un calme pesant dure depuis quelques longues secondes, le maître se décide enfin à prendre la parole.

« Qui es-tu ? « 

La phrase est toute simple. Enfantine. Tellement simple que le disciple ne semble pas comprendre. Ce n’est pas la première fois qu’il rencontre ce maître. Surpris, il se décide tout de même à lui répondre.

– « Guang. Je m’appelle Guang« 

Le maître se saisit minutieusement de la tasse restée vide. Il la remplit. Son visage demeure impassible.

– « Non. C’est incorrect.« 

Le jeune homme ne semble pas comprendre, il hoche la tête pourtant certain de la validité de sa réponse.

– « Je n’ai pas demandé quel était ton prénom, Guang. Je t’ai demandé : Qui es-tu ?« 

Avec précision, le maître glisse son doigt dans la anse de la petite tasse et l’approche de son visage pour en humer les vapeurs parfumées. Le petit disciple reste, interdit, à ne pas vraiment savoir quoi répondre.

– « Je t’ai posé une simple question : Qui es-tu ? » Alors essaye de me proposer une autre réponse… »

Le disciple est jeune mais il est assurément très sérieux. Il réfléchit quelques instants avant de proposer une nouvelle réponse. Il répond par son nom de famille, pensant que c’était la précision attendue par le maître.

– « Non, Guang. Ce n’est pas la bonne réponse. Cela aurait été la bonne réponse si je t’avais demandé : Quel est ton nom de famille ? Mais je regrette, ce n’est pas la question que je t’ai posé. »

Le disciple est embêté. De nombreuses pensées traversent alors son esprit jusqu’à ce que ses yeux s’illuminent, persuadé d’avoir enfin trouvé la bonne réponse. « Votre disciple, je suis votre disciple !« 

Mais encore une fois, le maître répond par la négative. Il plonge ses yeux dans le regard de l’enfant avant d’ajouter :

– « Tu m’as répondu « JE » suis votre disciple. Qui est ce « JE » dont tu parles ? C’est la question que je te pose. Je te demande ton identité véritable.« 

À court d’idées de réponses, le jeune homme pointe alors ses mains vers son torse.

– « JE suis moi. Là ici, devant vous. »

– « Donc ton identité véritable, ça serait ton corps ? »

Pas vraiment certain de sa réponse, le jeune disciple acquiesce pourtant. Le vieil homme se saisit alors d’une petite cuillère restée à proximité de l’eau bouillante. D’un geste rapide, il la dépose sur le genou de son disciple. Sa réaction est immédiate.

– « Aïe, c’est chaud ! »

– « Guang, pourquoi as-tu décidé d’avoir mal plutôt que de ne rien sentir ? »

– « Je… Je n’ai pas du tout décidé d’avoir mal. Ça m’a brûlé, c’est tout ! »

– « Donc tu n’es pas ton corps… »

Pas tout à fait sûr de lui, Guang acquiesce.

– « Je te pose alors encore une fois la question. Tu vas finir par pouvoir y répondre. Si tu n’es pas ton corps, QUI ES-TU ? Prends le temps d’y réfléchir… »

Le maître, avec calme et assurance, porte la tasse de thé à sa bouche et y trempe sa moustache. Guang réfléchit en silence. Une foule de pensées lui traverse l’esprit. Il ne s’attendait pas à une première journée aussi difficile. Il a remarqué qu’il n’y avait pas de petits gâteaux servis avec le thé. Son ventre le tiraille. Il pense ensuite aux petits biscuits sucrés que préparent sa mère et dont il raffole…

C’est à ce moment-là que le maître rompt le silence.

– « À quoi pensais-tu ? »

– « À rien du tout ! » mens le jeune homme, gêné.

– « Allons Guang, tu avais les yeux qui brillaient. À quoi pensais-tu ? »

– « Je… Je repensais aux gâteaux que préparent habituellement ma mère. Je crois que j’ai faim.. »

– « C’est intéressant. Tu viens de dire J’AI FAIM, n’est-ce pas ? »

– « Oui, c’est vrai ! »

– « Qui est ce JE ? »

Comme pris d’une soudaine inspiration, le jeune discipline répond : « Il est dans mes pensées, je ne peux pas vous le montrer…« 

– « Si ton identité véritable se trouve dans tes pensées. Dans laquelle se trouve t-il ? »

– « Je ne sais pas. »

– « Nous cherchons ensemble Guang ton identité véritable. Reprenons ce mécanisme de la faim. Au départ, c’est une sensation. Une sensation physique de faim que tu ressens dans ton corps. Sauf que tu n’es pas ton corps. N’est-ce pas ? »

Le jeune homme acquiesce en se passant machinalement la main sur son genou endolori.

– « Ensuite, il y a une pensée. Une pensée dans ton esprit qui dit « J’AI FAIM ». Es-tu d’accord ? »

– « Oui, c’est comme ça que ça se passe oui… »

– « Qui entend cette pensée ? »

La question semble surprendre le jeune homme. Il réfléchit quelques secondes et répond, le plus naturellement du monde : « C’est moi ! »

– « Alors qui es-tu ? »

Infatigable, le maître renvoie une nouvelle fois la question fatidique. Guang essaye de se tordre l’esprit pour parvenir à répondre à la question…

– « Je ne sais plus… »

– « Très bien, laisse moi t’aider un peuTon identité véritable, c’est qui tu es vraiment. C’est l’essence de ton Être. Pour que l’on puisse désigner quelque chose qui soit ton identité véritable, il faut que cela soit immuable. Il faut que cela ne puisse pas être affecté par des changements. Et il faut que tu possèdes un plein contrôle de ton identité.  Tu n’es pas ton corps car, depuis que tu es tout petit, ton corps a changé. Tes cellules sont mortes. D’autres sont nées. Tu as grandi. L’état de ton corps a changé. Si tu étais ton corps, tu pourrais décider de ne pas avoir mal, de ne pas être malade, d’arrêter de faire pousser tes cheveux par exemple. Tu es d’accord ? »

– « Oui, je suis d’accord ! »

– « Or, on vient de voir ensemble que tu n’as pas de contrôle direct sur ton corps. Ce n’est pas TOI qui le commande« 

– « Mais… Je peux le commander lorsque je bouge quand même… »

– « Quand tu es sur le dos d’un cheval, tu peux le commander aussi, n’est-ce pas ? »

– « Oui« 

– « Mais es-tu le cheval pour autant ?« 

– « Hmm, non.. Je suis le cavalier…« 

– « Exactement, tu es le cavalier qui observe le cheval depuis sa position. Quand tu dis « J’AI faim. Où se trouve alors ce JE ?« 

– « Dans ma tête. Je l’entends dans mes pensées…« 

– « Tu as tout à fait raison : tu entends tes pensées.« 

– « Oui, j’entends distinctement des pensées, des idées. Parfois je vois même des images dans mon esprit…« 

– « Mais est-ce que ce JE se trouve vraiment dans ta tête ? Si je t’ouvrais le crâne en deux, est-ce que tu penses que je l’y trouverais ? »

– « Euh non…« 

– « Donc, si tu entends les pensées et si tu vois les images. Qui es-tu ?« 

– « Je… J’ai peur de dire une bêtise… »

– « Parle. Il n’y a jamais de bêtises pour celui qui est en quête de sa véritable nature…« 

– « Alors je… Je suis celui qui entend et qui voit les pensées ?« 

– « Exactement. Nous y arrivons !« 

– « C’est difficile…« 

– « On en a presque terminé pour aujourd’hui. Reste concentré !« 

Le maître se saisit à nouveau de la cuillère. Par réflexe, Guang se couvre le genou mais le maître dirige l’ustensile vers la théière. Délicatement, il en tapote le couvercle.

– « Tu entends ?« 

– « Euh oui…« 

– « Qui entend ce bruit en toi ?« 

Le petit disciple reste songeur quelques instants alors que le maître continue de tapoter doucement la cuillère sur la surface en pierre.

– « Il y a quelque chose en toi qui perçoit ce son. Demande toi si ce qui perçoit ce bruit en toi fait aussi du bruit. Essaye de comparer. Tu peux fermer les yeux si ça t’aide.« 

Le jeune homme s’exécute, ferme les yeux et entre à l’intérieur de lui-même. Au bout d’une trentaine de secondes d’une courte méditation, il rouvre les yeux avant de répondre :

– « Non, pas de bruit, que du silence…« 

– « Alors reprenons : ton identité véritable, c’est d’être du silence qui perçoit les bruits…« 

– « Oui !« 

– « Quelle est la couleur de ma tenue d’aujourd’hui, Guang ? »

– « Elle est blanche…« 

– « Refaisons le même exercice. Est-ce que ce qui perçoit la couleur de ma tenue en toi est coloré ? Pour t’aider, concentre toi sur l’instant présent…« 

Le disciple obéit. Et silencieux se met à fixer la tenue du vieil homme. Il se concentre, porte toute attention sur la tenue. Comme s’il la découvrait, comme s’il faisait cette expérience de voir pour la toute première fois…

– « Non. Ce qui perçoit la couleur de votre tenue n’est pas coloré…« 

– « Donc ce qui perçoit en toi la couleur n’a pas de couleurs, ne fait pas de bruits, peut ressentir le corps et entendre les pensées…« 

– « Oui, exactement ! »

– « Alors je te repose encore la question, qui es-tu ? »

– « Je suis…« 

Le petit garçon s’interrompt. Regarde l’espace autour de lui. Ses yeux se posent sur son maître, sur les objets au sol pendant de longues secondes…

– « Je suis, c’est tout…« 

– « Exactement, Guang. Tu as compris ! Tu n’es ni tes pensées, ni ton corps. Tu es ce qui entends les pensées, qu’elles soient positives ou négatives. Tu es ce qui perçoit les sensations de ton corps, qu’elles soient agréables ou désagréables. Tu es ce qui entends les bruits, qu’ils soient mélodieux ou insupportables. Tu es ce qui distingue les couleurs, qu’elles soient claires ou foncées. Tu es l’espace dans lequel tout a lieu… Tu es la Conscience qui observe. Elle ne dit rien, elle est silencieuse mais elle observe à travers tes yeux… Elle entend chacune de tes pensées. Elle entend lorsqu’une pensée la traverse et se prend pour Elle. Mais ce n’est pas parce que la pensée se déguise et qu’elle prétend être TOI, qu’elle est toi. Ta pensée est illusoire. C’est un bruit, c’est un vent, c’est un éclair dans le ciel de ton esprit. Lorsque la pensée met son costume et qu’elle dit J’AI FAIM. Il n’y a rien en toi qui est ce JE en dehors de cette conscience… En dehors de cette lumière allumée en toi qui éclaire le monde que tu observes… Ce JE est continu depuis que tu es tout petit. Il n’y a eu aucune interruption. La seule chose qui a changé, c’est le décor. Tu as changé de corps, en grandissant. Tes pensées, tes centres d’intérêt ont changé aussi mais toi, le fait que tu aies conscience ne s’est jamais altéré… Quand tu fais des rêves la nuit, il y a quelque chose en toi qui se rend compte qu’il y a un rêve. Et quand tu ne te souviens de rien, tu ne disparais pas pour autant. Il y a juste une conscience qui n’a pas d’objets à éclairer. Pas de rêves, pas de pensées, pas de corps, ni de paysages… Mais pourtant, tu ES toujours. Cela montre bien que tu n’es rien d’autre que la Conscience. Et la seule porte d’entrée pour en faire l’expérience, c’est de concentrer très fort ton attention sur le moment présent…« 

L’histoire raconte que ce soir là, Guang demandit à sa mère le sens de son prénom.

– « Il veut dire Lumière mon fils…« 

Ce soir là, la leçon du vieux maître prit alors tout son sens…

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De tout mon coeur, j’espère que tu suivras toi aussi le cheminement intérieur de Guang. Que tu essayeras de répondre aux questions du maître pour faire l’expérience. Une expérience qui permet de sortir de la prison du mental… Tu vois aujourd’hui, j’ai beau avoir vécu cette expérience, je continue mon cheminement. Je sais que je peux aller plus loin… Que les états d’expansion de conscience peuvent être amplifiées… Nous ne sommes décidément pas des petits pantins de bois impuissants… Nous sommes bien plus, tellement plus…

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