J‘ai un peu les mains moites. Il faut dire que le moment n’est pas anodin. Le petit coucou dans lequel je me trouve est en train d’accélérer sur la piste de décollage. Très vite, le sol s’éloigne. Cette fois, c’est du sérieux. C’est aujourd’hui que je vais faire mon premier saut en parachute. Et à mesure que l’avion prend de l’altitude, c’est surtout une sorte de fierté teintée à de l’étonnement qui prend le dessus dans mon petit discours intérieur. « Tu te rends compte du chemin parcouru ? » « Tu crois que le Tony d’avant t’aurait cru si tu lui avais raconté ce que tu es en train de faire ? » Les questions me font sourire. C’est vrai. Pas mal de chemin parcouru. Surtout ces deux dernières années. Une véritable transformation personnelle. Une renaissance. Comme quoi, je le dis souvent mais les épreuves que l’on traverse peuvent être des bénédictions. Non pas que je sois du genre à aimer me faire fouetter le cul à coup de lanière en cuir. D’une part parce que ce n’est pas très vegan-friendly. D’autre part, parce que comme tout le monde, je n’aime pas particulièrement souffrir. Mais là, au regard de ma propre expérience personnelle, il faut que je le reconnaisse. Je me trouve harnaché à Jérôme, un parachutiste expérimenté, assis sur la banquette minuscule d’un petit avion qui est en train de prendre inexorablement de l’altitude. Et si je ne m’étais pas mangé une grande claque dans la gueule, ça serait resté un vague fantasme. « Oui, un jour je le ferai c’est sûr… » Là, ce n’était plus des paroles en l’air : j’y étais…

Pourquoi souffrir est finalement si utile pour évoluer ? Parce que ça ne laisse pas d’autre choix que de changer. Et changer, c’est ce que la nature fait de mieux. Elle s’adapte en permanence au changement. Rien n’est permanent, seul le changement l’est.

Je me concentre sur mon souffle. J’inspire par le ventre, profondément et en prenant mon temps. Des pensées apeurées viennent me chatouiller. J’ai justement appris à danser avec elles. Je les laisse venir, je les accueille. Puis je reviens me focaliser sur l’instant présent. Et dans l’observation de cet instant présent, il n’y a pas lieu de s’angoisser : l’avion est toujours en vol, je suis toujours en parfaite santé. Qu’est-ce que ça fait du bien de ne plus se laisser manipuler par son propre esprit…

Lorsque nous atteignons les 4000 mètres d’altitude, quelqu’un ouvre la porte latérale de l’appareil. Un vent glacial s’invite dans la carlingue. Jérome m’a rassuré. Il est tout à fait normal que je me laisse un peu gagner par la panique à ce moment-clé. Un petit frisson me parcourt l’échine. Les autres parachutistes commencent à sauter dans le vide. Sous l’avion, c’est une mer de nuages qui semble s’étendre à l’infini. « Ça va bientôt être à nous ! » C’est bizarre mais au fond, je suis déterminé. Il y a une part de moi qui est terriblement confiante. Elle sait qu’on va le faire, elle sait que ça va bien se passer. C’est elle qui dirige la suite des opérations. Lorsque l’appareil s’est vidé de ses autres occupants, on se place avec Jérome sur le sol, tout prêt du vide. J’ai mes lunettes transparentes sur le visage, notre saut est imminent. On a répété l’opération plusieurs fois avant d’embarquer.  À plusieurs reprises, comme pour me rassurer, Jérome m’a de nouveau répété la marche à suivre. Il est l’heure de passer à la pratique. Mathieu, équipé d’une GoPro fixé à son casque, sera en charge d’immortaliser l’instant. On s’approche alors de l’ouverture jusqu’à ce que j’ai les pieds dans le vide. De là, je me cambre au maximum en  faisant passer mes pieds sous la porte de l’avion. Je ferme les yeux. Jérome met plusieurs petites impulsions d’avant en arrière jusqu’à ce qu’on saute de l’appareil. Nom d’un chien ! Il doit se passer une ou deux secondes sans que je comprenne vraiment ce qui est en train de se passer. Mes capteurs sensoriels sont dans l’inconnu. Je n’ai pas franchement l’habitude de sauter dans le vide alors ils peinent à me traduire convenablement l’information de ce qui est en train de se produire. Presque aussitôt, les sensations arrivent. Comme une claque en pleine poire, on est en train de filer droit vers le sol.

Mais attention, ça c’est important que tu le lises, la sensation est nouvelle. Ça veut dire une chose très simple, tant que tu ne l’as pas fait, tu ne peux qu’imaginer quelque chose à partir de tes références personnelles. Et le problème, c’est que tu ne peux que te tromper. Rien à voir avec les sensations d’un manège à la fête foraine, rien à voir non plus avec les sensations ressenties en sautant d’un plongeoir à la piscine. Tu vois, cette sensation d’avoir le bas du ventre qui remonte ? Là, ça n’a rien à voir. C’est nouveau, inédit. C’est la sensation de chute libre. Et tu sais quoi ? Cette sensation est juste extraordinairement kiffante !

Jérome me tapote sur l’épaule. C’est le signal que je peux relâcher mon harnais et bouger les bras. Je n’en reviens pas, je suis en train de sauter en parachute : c’est incroyable. C’est terriblement puissant. Ça va vite, très vite. Mathieu qui a sauté en même temps que nous, nous rejoint en vol. Là, tout de suite, j’ai envie de traduire le plaisir que je ressens avec mes bras. C’est d’ailleurs là que je me rends compte de l’importance de la langue. J’agite mon pouce vers le haut avec frénésie. Comment tu veux que j’exprime mieux le plaisir de dingue que c’est, hein ?

Liberté totale & shoot d’adrénaline

On traverse les nuages. C’est dingue. Déjà, le sol se rapproche. Jérome tire sur la poignée. Je ressens un énorme coup de frein. Rien de douloureux, ça freine juste très fort. Il est temps de planer avant de procéder à l’atterrissage. « Alors ? » me demande Jérome. Je suis totalement convaincu. J’ai adoré ! Et bien plus que ce que j’aurai imaginé. C’est simple, on me proposait de prendre le prochain avion pour sauter à nouveau, je fonçais sans réfléchir…

Ce qu’il y a de génial quand tu dépasses quelque chose qui te fait peur, c’est que ça te transforme. Ça te change. Et en bien… Tu te sens encore plus confiant. Tu as une meilleure estime de toi. Le moment où tu ouvres les yeux alors que t’es en pleine chute, tu te sens terriblement vivant. C’est sans équivalence. Et pourtant, je n’ai jamais été avide de sensations fortes. Je me rends compte que c’est en train de changer…

Jérome me laisse les manettes. Je dirige le parachute au-dessus de l’aérodrome. Il finit par reprendre les commandes. Il commence à envoyer d’énormes virages. J’en redemande !

On se pose dans un large cercle rempli de graviers. C’était juste malade !

Si jamais tu rêves toi aussi de sauter mais que tu as trop peur : développe ton courage. Fais des choses qui te font un peu peur. Fais le régulièrement. Affronte toi. Sors de ta zone de confort. Plus tu le feras souvent et plus tu verras les changements qui s’opèrent en toi. Et peut-être qu’un jour, tu te rendras compte que la vie n’attendait que toi pour t’offrir son plus beau cadeau ! 😉

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