Quand on s’intéresse de près à ces deux thématiques que sont le développement personnel et la spiritualité, il y a très vite un magnifique paradoxe qui pointe le bout de son nez. J’ai même envie d’aller jusqu’à dire que c’est un piège redoutable. Un piège dans lequel il est très facile de tomber. Mais, comme dirait Orelsan, avant tout revoyons les bases…

Au final, le développement personnel qu’est-ce que c’est ?

Dans ma propre définition, le développement personnel, c’est avant tout un état d’esprit. Il y a deux manières de se percevoir.

La première, c’est en tant qu’individu limité. La nature t’a distribué un certain nombre de cartes à ta naissance. C’est ton patrimoine génétique, la famille dans laquelle tu as grandi, tes talents et tes capacités naturelles. Si tu te considères comme un individu limité, tu vas t’en tenir là. Parfois, c’est totalement inconscient. Si par le passé, quelque chose a provoqué dans ta vie une expérience négative, il est fort possible que tu t’en tiennes éloigné(e) autant que possible. Par peur. S’en tenir à ses limites, ça veut dire refuser l’obstacle chaque fois qu’il se présente. Le problème, c’est que ça le renforce. Et plus on va tenter d’éviter l’inconfort, plus on va lui donner de poids. Est-ce que ça t’est déjà arrivé d’avoir un truc à faire et d’avoir la flemme de le faire en imaginant tout l’inconfort que ça pouvait représenter. Comme ça te met dans une situation d’inconfort, tu repousses, tu procrastines. Puis à un moment, t’as plus le choix. Alors tu le fais et tu te rends compte que ce n’était pas si compliqué que ça. Pire, c’est allé plus vite que prévu. Tu te rends alors compte que plus tu repoussais, plus tu rendais la tâche à effectuer compliquée. C’est chiant mais plus tu repousses, plus cette tâche va prendre de la place dans ton esprit. Elle va prendre de la charge mentale.

La deuxième manière de se percevoir, c’est comme un être capable d’évoluer. Tu reconnais chacune de tes expériences comme des opportunités d’apprentissage. Que l’expérience soit d’ailleurs positive ou négative. Cela implique également de faire régulièrement des sorties de zone de confort. Ça implique de provoquer des expériences, même si elles nous font peur. La personne qui s’intéresse au développement personnel va se mettre également à consommer un certain nombre de produits d’informations pour sa propre évolution. Pour son propre apprentissage. Faire grandir ses compétences passe nécessairement par l’acquisition de nouvelles stratégies, de nouveaux outils, de nouveaux éclairages. Alors on se met à consommer. On achète des livres, on suit des formations, on regarde des vidéos, on écoute des livres audio. Bref, en un mot comme en cent, on peut très vite se mettre à avoir une attitude compulsive de consommateur. Que celui qui n’a jamais regardé une vidéo pour vaincre la procrastination plutôt que de travailler sur un projet me jette la première pierre. On tient là un premier paradoxe.

Dans le développement personnel, on pourrait identifier un verbe très fort qui revient constamment : agir. Il faut passer à l’action. Ne nous en cachons pas, si tu fais la lecture de mes autres articles ou que tu regardes les vidéos de ma chaîne YouTube, j’en parle aussi très souvent. Avec des phrases qui secouent. Qui t’invitent très fort à passer à l’action, à induire des changements, à en demander plus de la vie. Mais attention, il y a un piège. Le piège, c’est de se perdre en chemin. Des actions désordonnées, des actions irréfléchies, des prises de risques qui peuvent s’avérer dangereuses pour toi ou pour ton entourage. C’est super de vouloir des résultats. Mais je crois qu’il peut être contreproductif de courir partout comme un poulet sans tête. Être un forcené du développement personnel, ce n’est pas nécessairement quelque chose que j’encourage. Il faut donc de l’équilibre.

De l’autre côté, il y a la spiritualité. 

Si on s’intéresse à la non dualité, à l’éveil et à toutes les pratiques qui permettent de renforcer ces expériences comme la méditation, on se rend compte qu’un verbe semble prédominant : observer. Ici, plus question d’agir, l’action est relayée au second plan. Bien souvent, elle est associée à l’ego. Qu’est-ce qui sous-tend les actions sinon des réalisations égotiques ? Pourquoi produire des efforts continus et soutenus pour obtenir des résultats ? L’envie de résultat n’est qu’une manipulation de notre ego qui projette le bonheur dans un espace inexistant. Un futur où nous serons plus heureux qu’en cet instant. Tiens tiens tiens, mais c’est que ça se complique on dirait. Alors qu’est-ce que je dois faire ? Tu dois observer tes pensées, tes envies, tes émotions et tes sensations physiques. Tu dois prendre cette place de témoin silencieux en toi. Dans ce vide qui est ta propre essence. OK, je veux bien mais comment je fais si j’ai du mal à payer mon loyer et que ça provoque plein de peurs en moi ? Non non non, assieds toi en tailleur et dépose ton attention dans l’instant présent. Tu vois, ta peur de ne pas réussir à payer ton loyer n’est qu’une intervention de ton mental. Tu n’es pas ton mental, tu es la conscience qui observe. Tu es ce témoin silencieux, ce contenant dans lequel tu fais l’expérience d’avoir ces pensées de peur.

Bon, je suis bien d’accord mais les appels de mon propriétaire qui me réclame que je paye mon loyer en urgence sinon il compte me foutre dehors, on en fait quoi ? C’est une projection de ma propre conscience ? Une intervention égotique ? Un phénomène de la loi de l’attraction ?

Il est là le piège. On se coupe de la réalité. Et à moins de vivre dans une grotte au beau milieu du Népal, dur dur de ne pas y être rappelé régulièrement. Sur un groupe Facebook consacré à la loi de l’attraction, j’ai lu plein de commentaires qui pour moi s’apparentent à des dérives. Une personne se plaint de traverser une période difficile et tout le monde lui tombe dessus en lui disant que c’est à cause de la nature de ses pensées. Oui, nos pensées créent notre réalité. Nous sommes Dieu. Mais attention de ne pas tomber dans les extrêmes. Nous sommes Dieu mais aussi un petit être humain plein de faiblesses. Nous sommes la conscience illimitée mais en même temps, nous sommes des petits êtres qui peuvent choper froid en passant une nuit à dormir en slip. Nous pouvons attirer à nous des opportunités incroyables grâce à la loi de l’attraction, nous pouvons modeler notre réalité et en même temps, on ne contrôle absolument pas tout… Si je veux m’absoudre de la loi de la gravité et que je grimpe au sommet d’un bâtiment persuadé de m’envoler, j’aurai beau y croire de toutes mes forces, me dire que je suis le divin, je vais quand même finir en pizza sur le trottoir…

Il est là le paradoxe. Il est là pour moi le principal challenge de notre incarnation. Trouver cet équilibre, incarner cet équilibre. Et non, ce n’est pas facile. C’est tortueux. Parfois, je sens bien que c’est mon ego qui dirige les opérations. Parfois, je sens que c’est une partie de moi bien supérieure. Parfois, je sens que les mots coulent à travers moi comme si c’était directement mes guides qui te parlaient pour t’aider sur ton chemin. Parfois, je suis plus maladroit qu’un unijambiste qui tenterait de faire des figures acrobatiques en skateboard.

L’autre piège de la spiritualité, c’est également celui de la superstition. Dans tous les milieux, il y a des escrocs. Il y a des personnes qui ne sont pas alignées. Qui vont tenter de te refourguer tout et n’importe quoi sous prétexte de te faire évoluer spirituellement ou personnellement. Des bouts de plastiques pour amplifier ton taux vibratoire. Des bracelets en caoutchouc pour ouvrir ton troisième oeil ou je ne sais quelle connerie. Garde ton esprit critique. Même en me lisant, reste le boss. Dans ce milieu qui prône l’amour, l’unicité et l’entraide, il y a beaucoup de faux prophètes. Parce que justement, cet équilibre entre le ciel et la terre est parfois très ardu à trouver. Et que ça reste un marché qui représente plusieurs millions d’euros par an…

Passer à l’action permet d’obtenir des résultats. Aligner ses actions avec nos aspirations les plus profondes est important.

Qui a tort, qui a raison ? Ce n’est pas si important. D’où j’en suis sur mon chemin, j’ai l’impression qu’il est important de trouver cet équilibre. L’équilibre entre le ciel et la terre. Oui, la spiritualité est importante lorsque ce n’est pas un prétexte pour se faire passer pour un saint. Mais l’action est tout autant capitale lorsque l’on cherche à atteindre des objectifs, changer sa vie, vivre des expériences riches et épanouissantes…

Agir, assurément. Mais en conscience…

J’espère que cet article t’a plu. Temporairement, les commentaires sont désactivés car je me suis mangé une énorme attaque de spams la semaine dernière. Plus de 3000 messages indésirables à supprimer à la mano. Je suppose que t’es pas venu(e) sur ce site internet pour « enlarger ton penis » ou pour avoir des réductions sur des médicaments douteux. Je te prie donc de m’excuser pour le dérangement. Mon email est toujours à ta disposition : tony.servera@gmail.com. J’essaye toujours de répondre même s’il m’arrive parfois d’être un peu débordé par les événements en fonction de la popularité de certains de mes articles. Tu peux m’encourager en suivant également sur ma page Facebook. Je poste régulièrement du contenu inédit.

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