Ce matin, je me suis réveillé avec l’idée insistante d’écrire une fable sur un pirate. En allant faire mes courses, mon regard a été attiré par un magazine qui parlait des fables de Jean de La Fontaine. La synchronicité m’a amusé alors je me suis mis à l’ouvrage. Bonne lecture !

Sur une mer bien tranquille : un bateau pirate.
Il pourfendait les vagues, ce faiseur d’épaves.
Sur le pont : un corsaire à barbe et au teint mat
Qui crie à son équipage et à ses esclaves.
Sa voix était grave, ses yeux tâchés de sang.
Entre deux rires gras, l’homme fanfaronnait :
Il racontait ses exploits, se sentait puissant.
Mers et océans, il avait tout sillonné.
De la poudre, du rhum, des trésors et des morts.
Il n’en fallait pas plus pour lui gonfler le coeur.
L’air perdu comme celui qui se remémore :
Il passait en revue ses exploits de vainqueur.
Parti de rien, marin bête un peu inutile,
Il était devenu féroce et légendaire.
Son nom était craint sur la mer ou dans les îles,
Croiser sa route était acte suicidaire.
En gueulant, il galvanisait son auditoire.
On l’acclamait, un verre de rhum à la main.
Il n’en finissait plus de conter ses histoires.
Ça parlait de trésors et de vieux parchemins,
D’assauts nocturnes et de terribles carnages.
C’était dans le sang que s’écrivaient les légendes.
De tous ses succès, l’homme faisait étalage.
La mer est sournoise. Soudain, l’orage éclate
Et se met à vomir des vagues gigantesques.
L’équipage est broyé ainsi que sa frégate.
Le pirate est happé tel un pantin grotesque.
La morale de ma fable, car c’est d’usage :
Félicitez-vous pour vos succès, c’est vital.
N »oubliez point que ce qui rend un homme sage :
C’est l’humilité. L’orgueil est parfois fatal.
Contemplez vos faits d’armes, toutes vos prouesses
Mais ne perdez pas de vue le plus important :
Le passé est révolu ! L’ultime richesse,
Ne peut être goûtée que dans l’instant présent…